MSNA - Termes de référence de la recherche : Evaluation Multisectorielle des besoins - MSNA (CAR2602) République centrafricaine (Avril 2026, V1)
Country: Central African Republic
Source: REACH Initiative
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2. Justification
2.1 Contexte et informations générales
La République centrafricaine (RCA) demeure confrontée à une crise multidimensionnelle prolongée, alimentée par la persistance des violences armées, la fragilité institutionnelle, la pauvreté structurelle et l’exposition récurrente aux chocs climatiques. Selon le Plan de réponse humanitaire 2026, 2,3 millions de personnes, soit 36 % de la population, auront besoin d’une assistance humanitaire en 2026, malgré une amélioration relative observée dans certaines localités (OCHA, 2026)1 . Sur le plan socioéconomique, le pays reste l’un des plus pauvres au monde : la Banque mondiale estime qu’environ sept personnes sur dix vivaient encore sous le seuil international de pauvreté en 2025, dans un contexte de faible revenu par habitant et de vulnérabilités structurelles persistantes (Banque mondiale, 2025)2 . Cette pauvreté structurelle, aggravée par l’enclavement, la faiblesse des infrastructures de base, la dépendance aux importations et l’exposition aux aléas sécuritaires et climatiques, réduit fortement les capacités d’adaptation des ménages face aux chocs.
Au premier semestre 2025, la République centrafricaine (RCA) demeurait marquée par une insécurité persistante. Les données ACLED, compilées par ACCORD, font état de 157 incidents au premier trimestre 2025, dont 83 violences contre les civils et 25 batailles, puis de 220 incidents au deuxième trimestre 2025, dont 67 violences contre les civils et 62 batailles. Cette insécurité touchait également les travailleurs humanitaires avec 130 incidents rapportés en 2025, limitant davantage l’accès à l’aide et aux services essentiels dans plusieurs zones du pays (OCHA, 2026).
Ces violences ont continué d’alimenter les déplacements de population et de constituer un défi humanitaire majeur. Selon le DTM de l’OIM, au 31 décembre 2025, la RCA comptait 428 314 personnes déplacées internes (PDI) et 2 362 090 personnes retournées (OIM, 2026)5 . De son côté, la Commission Mouvement de Populations (CMP) recensait au 31 octobre 2025 60 185 déplacés répartis dans 78 sites et lieux de regroupement (CMP, 2025)6 . À l’échelle régionale, 664 746 réfugiés et demandeurs d’asile centrafricains vivaient encore dans les pays voisins au 31 octobre 2025 (HCR, 2025)7 . Dans l’ensemble, ces mouvements s’expliquent par la persistance des affrontements armés, les violences contre les civils, les tensions communautaires et l’enchaînement de chocs locaux qui continuent de fragiliser durablement les ménages centrafricains.
Par ailleurs, la crise régionale, en particulier le conflit au Soudan, continue d’entraîner des répercussions directes sur la RCA, avec l’accueil de réfugiés et de demandeurs d’asile, mais aussi des retours spontanés de Centrafricains dans des conditions précaires. Cette dynamique exerce une pression supplémentaire sur des communautés d’accueil déjà vulnérables, en aggravant les besoins en eau, hygiène et assainissement, santé, éducation, protection et moyens d’existence. Dans ce contexte, les capacités de résilience communautaire restent fortement affaiblies par la répétition des chocs et l’insuffisance des ressources disponibles.
Selon le 24e cycle de l’IPC, environ 1,92 million de personnes, soit 29 % de la population analysée, se trouvent en situation d’insécurité alimentaire aiguë (IPC phase 3 ou plus) entre septembre 2025 et mars 2026 ; pendant la période de soudure, entre avril et août 2026, ce nombre pourrait atteindre 2,30 millions de personnes (35 % de la population analysée)8 . Dans ce contexte, le HNRP 2026 retient une approche multisectorielle centrée sur les personnes les plus vulnérables et prévoit de venir en aide à 1,3 million de personnes sur 2,3 millions de personnes dans le besoin, avec un budget estimé à 264,1 millions de dollars américains, contre 326,1 millions dans le plan de réponse 2025.
Dans ce contexte changeant et complexe, il est essentiel de mettre à la disposition de la communauté humanitaire des données actualisées, désagrégées par groupe de population, sexe, âge et zone géographique, afin de mieux comprendre l’évolution des besoins et d’orienter efficacement les priorités d’intervention vers les groupes les plus vulnérables. Disposer de telles informations permet non seulement d’adapter les réponses humanitaires en temps réel, mais aussi de combler les lacunes persistantes en matière de données sur les populations exclues de l’accès aux services essentiels de base.
Les évaluations multisectorielles des besoins humanitaires (MSNA), menées en RCA entre 2019 et 2025 ont progressivement contribué à combler d’importantes lacunes informationnelles sur la nature, la gravité et la répartition géographique des besoins humanitaires à travers le pays. Grâce à la production de données quantitatives désagrégées, comparables et actualisées, la MSNA a permis d’alimenter de manière systématique les analyses des besoins humanitaires et les plans de réponse humanitaire (HNRP) depuis 2020. Elle a également renforcé la capacité des acteurs humanitaires à identifier les dynamiques de vulnérabilité, à prioriser les zones d’intervention et à affiner le ciblage des groupes de population les plus affectés. Dans un contexte où les chocs multidimensionnels (conflits, déplacements, catastrophes naturelles, épidémies) continuent de perturber les moyens de subsistance et l’accès aux services essentiels, la mise en œuvre d’une nouvelle MSNA en 2026 s’inscrit dans une logique de continuité et de consolidation des acquis analytiques.
6/11/2026 7:18:14 PM