CAR: République Centrafricaine : Analyse de l’insécurité alimentaire aiguë, avril – août 2026 (Publié le 8 juin 2026)
Country: Central African Republic
Source: Integrated Food Security Phase Classification
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PRIX ALIMENTAIRES ÉLEVÉS, ACCÈS LIMITÉ AUX MARCHÉS, CHOCS CLIMATIQUES ET CONFLITS AGGRAVENT L’INSÉCURITÉ ALIMENTAIRE AIGUË
VUE D’ENSEMBLE
La dernière mise à jour analytique signale une légère amélioration de la situation alimentaire en République centrafricaine entre avril et août 2026 par rapport à la projection d’octobre 2025, bien que les conditions demeurent dégradées comparées à octobre 2025 - mars 2026. Environ 2 millions de personnes (31% de la population) continuent de faire face à des niveaux élevés d'insécurité alimentaire aiguë, dont plus de 262 000 personnes (4%) en Phase 4 de l’IPC (Urgence) et environ 1,75 million (27%) en Phase 3 de l’IPC (Crise).
La hausse soutenue des prix alimentaires, le faible pouvoir d'achat des ménages, l’accès limité aux marchés et les stocks alimentaires insuffisants continuent à restreindre gravement l'accès à la nourriture pour près d'un tiers de la population nationale qui demeure dans un état de grande vulnérabilité. Ces défis sont exacerbés par l'insécurité civile persistante et les conflits, notamment dans les préfectures du nord et de l’est du pays, les déplacements massifs de population et les fragilités socio-économiques structurelles qui minent les moyens d'existence et la résilience. Par ailleurs, les chocs climatiques tels que les inondations, les invasions de ravageurs, les maladies du bétail et l'accès limité aux intrants agricoles fragilisent la production agricole et la disponibilité alimentaire. À cela s’ajoute l'accès limité à l'eau potable, l'insuffisance des conditions d'assainissement et les épidémies récurrentes qui aggravent les problèmes nutritionnels et d'utilisation alimentaire.
Malgré ce tableau alarmant, l'analyse note des améliorations localisées par rapport à la projection précédente, avec une réduction estimée de près de 288 000 personnes auparavant classées en Phase 3 de l'IPC et au-delà. Cela est en partie dû à une meilleure production agricole attendue par rapport aux contraintes précédemment identifiées, ainsi qu’à de meilleures opportunités de travail et de subsistance, et à une assistance humanitaire prévue d’avril à août 2026 qui s’avère légèrement supérieure aux attentes précédentes.
Le plan de réponse humanitaire pour la sécurité alimentaire a prévu de toucher 91 000 personnes dans neuf sous-préfectures et couvrant 75% des besoins calorifiques des bénéficiaires entre avril et août 2026. A cela s'ajoute les 25 000 réfugiés assistés par le PAM dans les préfectures de la Vakaga et la Haute Kotto. Toutefois, la portée de l’assistance reste largement insuffisante, avec un taux de couverture de seulement 17% des populations en Phase 3 ou plus, laissant une proportion majeure de ménages affronter des énormes contraintes liées aux déficits de consommation alimentaire et des forts taux de malnutrition aiguë. Aussi, le financement reçu pour la réponse humanitaire en 2026 représente environ 10% du budget annuel requis, illustrant un très faible taux de mobilisation des ressources en dépit des besoins.
Malgré une diminution d’environ 20% de la population déplacée interne depuis 2024, ce groupe compte à présent autour de 430 000 personnes et demeure le plus exposé à l’insécurité alimentaire aiguë.
6/8/2026 5:09:54 PM